Sarkozy tente de diviser les villepinistes
La Sarkozie est aux abois. Le débauchage auquel vient de se livrer le nabot sur l'un des plus fidèles lieutenants de Villepin ne laisse plus de place au doute. Chez Sarkozye, rassembler son camp n'est souvent qu'un prétexte pour affaiblir ses opposants. En tout cas, si Sarkozy s'imagine que les villepinistes sont affectés par ce coup bas, le villepiniste François Goulard a bien résumé ce qu'ils pensaient des conséquences de cette petite manoeuvre : "Le PS n'est pas entré au gouvernement avec Bockel et Besson, les villepinistes n'y entrent pas avec Tron." Et Jacques Le Guen d'enfoncer le clou : "Je trouve dommage qu'un homme aussi intelligent que Georges Tron ait accepté un poste de sous-secrétaire d'Etat. Il méritait mieux."
Le pitbull reste à la niche
Le pitbull préféré du nabot, et accessoirement porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, a fait les frais de la forme de Fillon dans les sondages d'opinion. "Nicolas-m'a-dit" pensait que cette fois-ci c'était la bonne : que la fin de l'ouverture serait l'occasion ou jamais de le faire rentrer au gouvernement. C'était d'ailleurs bien dans les visées de son mentor. Quel meilleur symbole de fermeture que de nommer le chevelu secrétaire d'Etat ! Mais c'était compter sans Fillon, dopé par sa popularité et le désaveu personnel des Régionales pour Sarko. L'austère de Matignon a donc mis son veto. Si Sarkozy n'y prend pas garde, il va bientôt se mettre dans l'idée de gouverner la France.
Fillon président ?
Après la couverture du Point sur "le Président Fillon", l'austère de Matignon a été accueilli par quelques "Fillon président" mardi matin à l'Assemblée par le groupe UMP. Comme si sa popularité laissait croire à ces connards qu'elle suffira à les faire réélire. Lorsqu'il faudra rendre des comptes au peuple sur l'échec de la politique du gouvernement, Fillon aura bien du mal à jouer l'air de la rupture. N'empêche que cet épisode n'a pas dû contribuer à dégonfler son melon. En voyant que ses sondages sont toujours aussi hauts quand ceux du nabot sont de plus en plus bas, Fillon aurait (déjà) songé à démissionner pour se mettre en réserve de la République. La tentation de Sablé, en somme. Mais ce ventre mou n'en a pas le cran, il préfère attendre de se faire virer par le roquet pour endosser les habits de victime. Après tout, avaler des couleuvres, endurer les brimades du fanfaron lui a jusqu'ici plutôt bien réussi dans l'opinion. Les Français raffolent des couilles molles et des paillassons.
La taxe carbone carbonisée
Cette fois, ça y est. Après le second tour calamiteux des Régionales : Sarkozy est désormais sous tutellle de sa majorité. Fini le temps où le Maître du monde imposait ses moindres caprices à la droite. Après avoir juré ses grands dieux, dans ses voeux à la nation, que la taxe carbone serait représentée au Parlement, dès janvier, puis en juin, après son invalidation par le Conseil constitutionnel, la voici cette fois-ci définitivement morte et enterrée. Il faut dire que depuis la bérézina de dimanche dernier, l'ami de Nicolas Hulot n'est plus très populaire jusque dans son propre camp. De là à imaginer qu'il ne porte pas les couleurs de la droite en 2012, il n'y a qu'un pas que d'aucuns ont déjà franchi à l'UMP. Or les députés ont voté contraints et forcés la première mouture de la taxe carbone. En pleine crise, taxer les Français sur leur déplacement et les quelques usines qui n'ont pas encore délocalisé leur production en Chine, c'est se tirer une balle dans le pied. SarK.O. le savait très bien, mais cette taxe n'avait rien à voir avec l'écologie, elle visait simplement à donner des gages à l'électorat écologiste. Pour qu'il vote UMP, plutôt qu'Europe Ecologie aux Régionales. Le résultat est à la hauteur de la sincérité de sa conversion au bio.
Guillon se rapproche de la sortie
Dans son humeur du jour, ce matin sur France Inter, Guillon a comparé Besson à une taupe du PS, chargé de saborder la politique de l'UMP - mille excuses, du gouvernement - sur l'immigration. Besson, qui était justement l'invité de Demorand dans la foulée, n'a pas apprécié du tout. L'humour n'est pas son fort, il est vrai. Alors qu'il aurait dû le prendre pour un hommage. Ce portrait avait au moins le mérite de le rendre bien plus intelligent qu'il n'est, et, pour une fois, de ne pas le faire passer pour un traître. Pour sa défense, Besson a une fois de plus endossé ses habits favoris : ceux de la victime de la méchanceté de ses contemporains. La main sur le coeur, il a ainsi déclaré, qu'à peine la chronique de Guillon terminée, les SMS de sympathie à son égard, avaient afflué sur son portable. Espérait-il ainsi tirer une larme à quelques auditeurs ? La duplicité est un métier.
ça sent le sapin à l'Elysée
54% pour la gauche aux Régionnales. Il n'y a guère que Lefebvre et Dati pour faire encore semblant d'y croire. L'ex-fashion victim du ministère de la Justice était pitoyable sur France 2, ce matin, en disant qu'on ne pouvait pas parler de succès pour la gauche en raison de l'abstention. Et d'utiliser ce même terme pour qualifier la victoire de la droite aux Européennes, alors que l'abstention avait été alors bien supérieure : 60% contre 49%.
Les darons de l'UMP, eux, ne machent plus leurs mots. Raffarin n'y est pas allé par quatre chemins. "Les Français veulent moins de réformes et plus de changement." Autant dire que la politique du chantre de la réforme, c'est que du vent, des palabres, des commissions, des contorsions, qui n'améliorent pas la vie des gens. Tu parles d'une rupture ! Un sénateur UMP a même dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, à savoir que Sarkozy n'était plus son candidat préféré pour 2012, et de citer les noms, dans l'ordre, de Juppé, Coppé et... Villepin.
Un sondage, un brin machiavélique, a demandé aux Français s'ils souhaitaient que Sarkozy se représentent à droite en 2012. Deux tiers ont répondu non !
La preuve que c'est non seulement la politique (ou plutôt son absence) mais aussi la personne du président qui est rejeté par le peuple.
Les darons de l'UMP, eux, ne machent plus leurs mots. Raffarin n'y est pas allé par quatre chemins. "Les Français veulent moins de réformes et plus de changement." Autant dire que la politique du chantre de la réforme, c'est que du vent, des palabres, des commissions, des contorsions, qui n'améliorent pas la vie des gens. Tu parles d'une rupture ! Un sénateur UMP a même dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, à savoir que Sarkozy n'était plus son candidat préféré pour 2012, et de citer les noms, dans l'ordre, de Juppé, Coppé et... Villepin.
Un sondage, un brin machiavélique, a demandé aux Français s'ils souhaitaient que Sarkozy se représentent à droite en 2012. Deux tiers ont répondu non !
La preuve que c'est non seulement la politique (ou plutôt son absence) mais aussi la personne du président qui est rejeté par le peuple.
SAR K.O.
Dominique de Villepin nous écrit : Qui l'aurait cru ? Je vais m'abonner au Nouvel Observateur. Ce jeudi, leur une de couverture m'a convaincu de passer à l'acte : SARK.O. Sarkozy K.O. ! Sonné, fichu, kaput, terrassé, carbonisé, atomisé... le nain de jardin. Je ne crains pas de le dire haut et fort, de le proclamer, comme si j'étais à la tribune de l'ONU à défendre la vieille Europe contre l'impérialisme américain : les jours du refondateur du capitalisme à l'Elysée sont comptés. Surtout qu'il fait tout pour s'enfoncer, ce con-là. En niant sa défaite aux Régionales et en s'entêtant dans sa stratégie du parti unique, il creuse sa propre tombe et... mon sillon. Dixit Fillon ! Le Canard a rapporté les propos de Monsieur Gendre tenus dimanche soir : "La stratégie d'unité au premier tour est un désastre. L'électeur de droite n'a pas d'autre choix que de voter pour l'UMP ou de s'abstenir. Cela ouvre un boulevard à Villepin." Propos tenus évidemment loin des micros et des caméras, devant ses fidèles à Matignon. Il va falloir que je m'abonne au Canard également. Guillon bientôt viré ?
Faisant allusion aux rumeurs d'infidélité de la Reine de beauté propagées sur le net - et depuis démenties avec la dernière énergie, code pénal en main et théorie du complot à la bouche par le très mesuré Pierre Charon, conseiller personnel du président - , le saltimbanque a une fois de plus repoussé les limites de la cuistrerie : "Quand Ken perd son château et ses avions du Glam, Barbie va s'en voir ailleurs." On dirait du Fogiel, quand celui-ci demande, en direct sur Europe 1, à Carlita si elle aurait épousé son "chouchou" s'il n'avait pas été président. Et c'est presque aussi méchant que Sarkozy quand il parle de Fillon avec ses conseillers. La question est maintenant de savoir quel prétexte va utiliser le patron de France Inter, Jean-Luc Hess, pour virer Guillon. Record battu : 8 heures 30 à tâter le cul des vaches au Salon des bouseux
L'élève a dépassé le maître. Même Chirac n'a jamais tenu aussi longtemps Porte de Versailles, au Salon de l'Agriculture. Huit heures trente, montre en main ! Quand j'ai vu cette forêt de micros et de caméras qui m'attendait, ça m'a donné envie de rester : j'étais sûr de faire la une du 20 heures. Ça n'a pas manqué : la Ferrari en a fait ses choux gras. Une expression de circonstance.... Le sens de la formule est décidément ma marque de fabrique. Et puis l'accueil de la France d'en-bas m'a réchauffé le coeur. Une paysanne m'a trouvé bel homme ; un paysan a salué ma fibre sociale. En la comparant aussitôt à celle du nain de l'Elysée, pour s'en moquer. Ah ! Sacrés Français, je ne saurais trop louer leur capacité d'amnésie : elle est infinie ! Ils ont déjà oublié mon CNE et mon CPE : comme entreprise de démantèlement ultralibéral du Code du travail, c'était pourtant d'un rétrograde digne de la politique sociale de l'Elysée. Presque aussi scandaleux que son bouclier fiscal. Mais ces veaux de Français - comme les surnommait jadis, en privé, mon Général - ont déjà tout oublié. De quoi me refaire une virginité. Moi le mondain, le diplomate, l'éminence grise, le technocrate planqué sous les ors des palais nationaux, je vais bientôt faire plus peuple que le nain. Il faut dire qu'avec sa Carla, ses costumes Prada de mafiosi,sa montre Patek Philippe à 30000 euros, le moindre oligarche nommé milliardaire par Poutine passe en comparaison pour un modèle de sobriété. L'amnésie des Français, c'est la providence des hommes politiques. Quand j'ai appris que Chirac était désormais l'homme politique le plus populaire de France, alors qu'il a fini son mandat à 20% d'opinions favorables, j'ai compris qu'il ne m'était pas interdit de rêver à l'Elysée. Après tout, n'ai-je pas fait toute ma carrière au service de la France, comme j'aime à le répéter à la moindre occasion ? Les Français finiront bien par s'en persuader à force de m'entendre le leur dire. J'ai bien sûr rendu un vibrant hommage, plein de sous-entendus, à Jacques Chirac. A mon troisième tour de salon, et à mon huitième gorgeon de blanc, j'ai fini par trouver un pommier - j'entends par là un cultivateur de pommes. Lorsque ce dernier, vêtu d'une chemise en laine à gros carreaux, m'a tendu une pomme et que j'ai croqué de mes belles dents éclatantes dedans, je me suis - très spontanément - écrié : "Jacques Chirac a eu raison de choisir la pomme pour sa campagne présidentielle en 1995." Si je décide de me lancer en 2012, je n'ai pas encore choisi l'emblème de ma campagne. Quoique, depuis ma visite d'une porcherie le mois dernier en Bretagne, où j'ai lancé à la cantonade : "ça vous rappelle quelqu'un ? " en désignant le porcelet que je tenais dans mes bras, j'aurais bien ma petite idée sur la question. Pourquoi pas une marionnette vaudou, criblée d'aiguilles tâchetées de sang, représentant un porcelet portant la tête du nain surmontée de ses grandes oreilles de diable ?
La justice a lavé mon honneur, même si Sarkozy s'acharne à vouloir le salir
Mon répit n'aura été que de courte durée. Je dois reconnaître que le nabot m'a pris à contre-pied. Quand il a annoncé, dans la foulée de ma relaxe, qu'il ne ferait pas appel de la décision du tribunal, j'ai cru à sa volonté d'en finir avec toute cette boue, de tourner définitivement la page de cette querelle fratricide, mauvaise pour la majorité et donc pour sa réélection. J'aurais dû me méfier ! Le Refondateur du Capitalisme n'est jamais à court de mensonge. Chez lui, c'est une seconde nature. Chirac, en comparaison, c'est la sincérité faite homme. "Je ne ferais pas appel" : tu parles ! En tant que partie civile au procès, il n'en avait pas le pouvoir ! Mon avocat me l'avait bien dit. Avocat moi-même, j'aurais dû rester sur mes gardes. Manoeuvre rhétorique pour simuler l'apaisement à l'adresse de l'opinion, l'endormir encore une fois, comme dans ses discours. Sa sournoiserie est sans limite. Comment ai-je pu me laisser piéger comme un bleu ? Corps étriqué ; esprit étriqué. Le nain n'est jamais en retard d'une petitesse. La mesquinerie lui sert de boussole politique.
Rétrospective Villepin
Rappelons-nous. Celui qui se présente comme l'alternative au sarkozysme, qui prétend avoir les solutions à l'enlisement dans lequel ce dernier a plongé le pays, a été premier ministre. De Chirac : de 2005 à 2007. Et le moins que l'on puisse dire est que son bilan ne restera pas dans les annales. Et que son impopularité d'alors est digne de celle de Sarkozy aujourd'hui. Présidentielle 2012 revient sur les principaux faits d'armes du meilleur ennemi de Sarkozy lorsqu'il était à Matignon, et ses échanges musclés avec celui qu'il surnommait affectueusement le "nain" ou le "nabot", alors qu'ils étaient tous deux membres du même gouvernement ! Rien de tel pour rafraîchir la mémoire de l’électeur citoyen. Et lui permettre de vérifier qu’il y a loin, chez Villepin, comme chez Sarko,du discours à la réalité.PHOTO : "Toi, je t'ai à l'oeil semble dire Sarko à Villepin. C'est plus que jamais le cas."
Villepin en embuscade
Villepin n'a renoncé à rien. Et surtout pas à se porter candidat... si sa cote de popularité le lui permet et si son mentor ne se représente pas. Sa dernière conférence de presse mensuelle et sa prestation radiophonique de ce soir au Grand Jury-RTL en sont la preuve. "Je me refuse à considérer que l'emporte le populisme, la démagogie et l'image" a-t-il déclaré plus va-t-en-guerre que jamais. Difficile d'être plus critique vis-à-vis de Sarko et de Ségo. Et piquant dans la bouche de celui qui, il y un an à peine, avait convoqué la presse pour qu'on photographie sa sortie de l'eau en mailot de bain à la Baule.
Villepin toujours en campagne
Le forcené de Matignon n'a renoncé à rien. Plus que jamais décidé à surfer sur les bons chiffres du chômage, que l'on doit bien évidemment aux résultants foudroyants du CNE et non pas aux effets du papy-boom, le premier ministre se comporte plus que jamais comme s'il était en campagne. D'ici à ce qu'il nous refasse le coup de "Villepin sortant des eaux", comme à la Baule l'été dernier...Plus martial que jamais, il a ainsi déclaré vouloir "garder le cap de la modernisation" de la France à la rentrée, dans un entretien paru dimanche 12 août dans le Journal du dimanche. "Je veux placer la rentrée sous le signe de l'action: poursuivre nos efforts dans la lutte contre le chômage, apporter une réponse concrète à l'augmentation des prix de l'essence qui pèse lourdement sur le budget des ménages, aider les étudiants et leurs parents, voilà ce sur quoi le gouvernement travaille actuellement."
L'Opep et les pétroliers n'ont qu'a bien se tenir.
La vérité des chiffres
Le quotidien économique La Tribune, propriété de l'homme le plus riche de France, Bernard Arnault, par ailleurs président de LVMH, n'est pas l'archétype de la feuille de chou gauchiste. Ses réserves et son rappel sur la baisse du chômage n'en sont que plus précieux. Présidentielles 2007 ne résiste pas au plaisir de vous livrer in extenso sa Une du week-end, qui douche singulièrement le satisfecit que s'est décerné le gouvernement ces dernières 48 heures :"- La baisse des demandeurs d'emploi a de nouveau baissé de 26.500 en juin, et ce malgré de faibles créations d'emplois
- Après un recul quasi ininterrompu depuis mars 2005, le taux de chômage revient à 9%, soit exactement le même que celui enregistré quand la majorité actuelle est arrivée au pouvoir
- Le reflux du chômage devrait continuer grâce à la montée en charge du plan de cohésion sociale et à la démographie"
On ne saurait mieux dire que le gouvernement n'est pour rien dans la baisse du chômage et que la réélection du champion de la "fracture sociale" en 2002 a fait perdre 4 ans à la France dans la lutte contre ce fléau.
Les brèves... qui en disent long
- La lune de miel entre Sarkozy et Villepin continue. Le Nouvel Obs rapporte les propos peu amènes du poète de Matignon concernant le projet présidentiel de son ministre de l’intérieur : « Je n’ai pas entendu une seule proposition du niveau d’un débat présidentiel. » Avant de s’en prendre méchamment à sa proposition de supprimer la fonction de Premier ministre : « Avec à la tête de l’Etat un homme seul (le président de la République) qui serait primaire et hyper-réactif, la France s’engagerait dans une aventure. » Villepin s’imaginait-il que Sarkozy allait le nommer à Matignon s’il était élu en 2007 ?
- Ils étaient faits l’un pour l’autre. Au sein du couple Gaymard, c’est au tour de madame de se faire épingler par ses pairs. On se souvient encore de la grande libéralité de son mari avec l’argent public lorsqu’il s’agissait de loger sa famille. Alors qu’il venait à peine, en tant que Ministre des Finances frais émoulu, d’appeler ses concitoyens « à se désintoxiquer de la dépense publique » (sic). Apparemment sa femme n’a rien à lui envier sur le chapitre de la déontologie. Ironie de l’histoire, c’est un ex-ministre des Finances, Jean Arthuis, qui l’a balancée à Thierry Breton, en sa qualité de président UDF de la commission des finances du Sénat. Clara Gaymard, présidente de l’Agence Française pour les Investissement Internationaux (AFII) souhaiterait rejoindre le géant américain General Electric (GE) alors même que le président de GE-France siège au conseil d’administration de l’AFII. Cet Arthuis : encore un UDF qui voit le mal partout.
- Cécilia, le retour. Impossible d’ignorer que Madame Sarkozy est rentrée au bercail et qu’elle a retrouvé son bureau place Beauvau. Le couple fait depuis le début de l’été la Une de tous les magazines people. Devant ce raz-de-marée médiatique, des esprits chagrins se sont étonnés. Le premier flic de France n’avait-il pas juré ses grands dieux qu’on ne l’y reprendrait plus à jeter sa vie privée en pâture aux Français, quand Cécilia s’était enfuie aux USA et qu’il s’était scandalisé que Paris-Match ose en parler, photos compromettantes à l’appui. La doctrine aurait-elle une fois de plus changée ? Comme en matière politique, où le chantre de la rupture se pose désormais en grand rassembleur de la nation. Pas le moins du monde. Ces photos d’un tendre bonheur retrouvé où l’on voit le couple Sarkozy main dans la main ne sont rien d’autres que « des photos… volées » ! C’est la version officielle de l’entourage du premier flic de France. Si même le ministre de l’intérieur en est à se faire voler quasi-quotidiennement, on est en droit de s’interroger sur la baisse de la délinquance dans le pays.
Déni de réalité
La réalité n'est pas le soucis du Président. Son allocution du 14 juillet en a apporté la preuve à ceux qui en doutaient encore. Au bout de 11 ans de pouvoir et à neuf mois de l'élection présidentielle, oser déclarer : "Je ne suis pas à l'heure du bilan mais à l'heure de l'action", c'est abracadabrantesque. Maintenir "le suspense" sur son éventuelle candidature en 2007, alors qu'il affichera 74 ans aux prunes, et que personne dans son camp ne souhaite le voir se représenter, mis à part Villepin et Debré qui préfèrent, à l'instar de leur mentor, voir Royal plutôt que Sarkozy lui succéder à l'Elysée, c'est ubuesque. Assurer aux deux journalistes faire-valoir qui l'interviewaient gentiment, qu'il entretenait de "très bonnes relations" avec son ministre de l'intérieur, là c'était franchement à se pincer. Finalement, Chirac est plus gaulliste qu'on le pense. Mon Général déclarait que les Français sont des veaux mais qu'il faut leur faire croire qu'ils sont des lions. Chirac, lui, ne se donne même pas cette peine.
Benito de Beauvau
Les villepinistes seraient-ils pour une fois en phase avec l'opinion ? C'est ce que laisse à penser un sondage TNS Sofres pour Le Figaro Magazine. Le président de l'UMP a beau faire la course en tête dans les sondages avec la socialiste Ségolène Royal, il a cependant du mal à convaincre au-delà de son propre camp en terme d'image. En effet, le premier flic de France ne rassure que 36% des personnes interrogées, tandis qu'il en inquiète 55%. De même, le ministre de l'Intérieur n'est jugé séduisant que par 39% des Français, contre 61% qui sont d'un avis contraire. Pour 49% des sondés, Nicolas Sarkozy est plutôt un libéral, 17% voyant plutôt en lui un gaulliste.Or, après les tendres qualificatifs de "nabot", "nain" et "roquet", dont l'affuble l'encore premier ministre DDV, sa garde rapprochée vient d'en trouver un autre, synonyme à lui tout seul d'inquiétude : "Benito." Rien moins que le prénom de Mussolini ! Alias le Duce !
Encore un effort, et les forcenés du CPE vont appeler à voter pour Ségolène Royal ou Le Pen pour sauver la patrie et la démocratie en danger. "Tout sauf Benito !"
La chute sans fin de Villepin
Un mauvais week-end de plus pour Dominique de Villepin. Alors que l'UMP refuse d'avaliser son projet de fusion Suez-GDF, que Devedjian, alias Sarkozy-m'a-dit, l'a traité de "premier ministre de convenance", le Journal du dimanche vient de publier un sondage selon lequel l'auteur inoubliable des "Cent jours ou l'esprit de sacrifice", bat le record d'impopularité de son prédécesseur Jean-Pierre Raffarin. Lequel était descendu à 24% de bonnes opinions. Pour se rapprocher dangereusement du record absolu, à droite, toujours détenu par Alain Juppé, avec 20%. Encore un petit effort Dominique... Histoire de remettre en selle "le meilleur d'entre nous" pour la prochaine présidentielle.
Où est passée la majorité ?
Après Bayrou, les temps de parole des groupes UMP de l'assemblée nationale et du sénat vont-ils à leur tour être décomptés dans celui de l'opposition par le CSA ?Malgré le numéro de charme de Breton et Villepin sur leur projet de fusion GDF-Suez, les députés et sénateurs de la majorité n'en démordent pas : ils voteront contre un projet de loi.
Avant même l'ouverture du débat sans vote organisé à l'Assemblée par le gouvernement pour prendre le pouls de sa majorité, le patron du groupe UMP Bernard Accoyer a douché les espoirs de Matignon et Bercy : "Il n'y a pas une majorité suffisante" pour adopter un texte fusionnant GDF et Suez. "Il faut se donner le temps", a renchéri le président UMP de la commission des Finances, Pierre Méhaignerie. La porte s'est aussi fermée au Sénat: les élus UMP ont fait savoir qu'ils refuseraient de faire de la "figuration" en débattant les premiers cet été d'un projet de loi susceptible d'importantes modifications.
Villepin a beau eu convoquer les mânes du Général, en s'inscrivant dans le sillage de celui "qui a donné à la France l'indépendance et la sécurité énergétiques", rien n'y a fait. En désespoir de cause, il a même osé déclarer sans rire : "Il est hors de question que les ménages français soient exposés à des hausses brutales de tarifs dont l'Etat n'aurait pas la maîtrise."
C'est pourtant bien connu : pour les poètes, les mots n'ont pas le même sens que pour le commun des mortels.
La dernière de Villepin : "Une étude ne fait pas le printemps"
C'était l'argument massu en faveur du CPE. Son petit-frère, le CNE, qui s'applique aux PME de moins de 20 salariés, était un succès sans précédent, qui expliquait la décrue du chômage, puisqu'il aurait créé plus de 400.000 emplois en quelques mois seulement.Patatras ! Une étude menée par la direction des statistiques du ministère de l'Emploi (DARES) et l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss) fait état de 44.000 emplois créés pour 440.000 CNE signés depuis le mois d'août 2005. Ce n'est pas exactement la même chose !
De plus, un CNE sur trois a été rompu dans les six mois suivant sa signature, ce qui est, selon l'enquête, "nettement supérieur" à la proportion de CDI terminés pendant la même période. Comble de malchance, près des trois quarts des embauches effectuées en CNE (70%) seraient intervenues de toute façon sans ce dispositif... Pas plus tard que lundi dernier, le premier ministre avait pourtant assuré que "90%" des CNE étaient "toujours en activité".
Pris la main dans le sac, Villepin ne s'est, bien sûr, pas démonté. Il a commenté cette nième mauvaise nouvelle avec cette humilité qui fait tout son charme : "Une étude ne fait pas le printemps."
Et Villepin à Matignon ne fait pas le poids.
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